Notre histoire

Dimitri Daskalidès, fondateur de Deliska Traditions en 1996, représente la 8ème génération d’une dynastie de pâtissiers-chocolatiers belgo-grecs.

On retrouve les racines de la famille en 1760 à Constantinople, alors capitale cosmopolite de l’empire ottoman. Les premières générations de chefs pâtissiers de la famille venus de Cappadoce affirmeront la reconnaissance déjà légendaire des succulentes pâtisseries orientales consommées à la cour du sultan de Constantinople.

Tout au long du 19ème siècle ces chefs pâtissiers seront adulés par les courtisans de la cour et leurs visiteurs pour leurs créations subtiles de compositions de fruits confits, de marrons glacés, de délicieux nougats d’Adana mais surtout leurs fameuses pâtisseries Orientales à base d’amandes et d’arachides anatoliennes. Les nougats mous d’Adana sont décrit et connus depuis l’antiquité.

En parallèle, en 1844, un autre personnage de l’arbre généalogique, Jean Frédéric Krieger, incorpore la compagnie « Fritz » de Bruxelles. Il est le fondateur d’une dynastie de forains précurseurs et propagateurs de la culture de la frite dans leurs somptueux salons carrousels-restaurants ambulants qui parcouraient la Belgique, la Hollande et le nord de la France au rythme des fêtes foraines. Ils seront les premiers à populariser les fameuses frites belges puis, à partir de 1850, les gaufres flamandes « Fritz » puis « de Bruxelles » dont la croustillance caractéristique est obtenue grâce à une recette n’utilisant que du beurre.

Vers 1885, les Fritz introduisent les fruits confits et les bouchées orientales héritées de leurs cousins de Constantinople. La rencontre avec le chocolat belge se fera avec l’enrobage des fruits confits suivis, lors de l’exposition à Bruxelles en 1897, de l’invention des petit plateaux incrustés d’arachides et de fruit secs appelés « Mendiants ». Cette invention est attribuée à Léonidas Kestekidès, arrière grandoncle de Dimitri Daskalidès.

Son grand-père Prodromos Daskalidès, son oncle, Jean Daskalides et son grandoncle Basile Kestekidès, fondateurs des maisons Daskalidès et Léonidas créeront les fabuleux manons café en 1933.

Des manons…

Nous sommes à Blankenberge, en juillet 1933. Le temps est maussade et les mines sont grises. Toutefois, l’atmosphère change radicalement dès que nous entrons dans le fameux salon Leonidas en pleine effervescence. Il faut dire qu’il est devenu The place to be de la côte belge. Une nuée de locaux et de vacanciers y défile quotidiennement, attirés par la large gamme de pâtisseries fines et de crèmes glacées. Il n’est pas rare d’y croiser des célébrités telles que les peintres James Ensor ou Alfons Blomme. Depuis quelques mois, la boutique accueille même Albert Einstein qui fuit l’Allemagne nazie et séjourne au Coq, à une dizaine de kilomètres de là. Le célèbre prix Nobel, gourmet et gourmand notoire, a jeté son dévolu sur le cramique aux raisins Sultanas, une création de Léonidas en personne, qu’il déguste au cours de passionnantes discussions entre collègues et amis physiciens.

Mais en ce jour de juillet 1933, une tout autre friandise attire l’attention des clients : une création née du talent et de l’imagination du chef pâtissier Basile Kestekidès, neveu de Leonidas, de son cousin Élie Aghnidès et de son jeune neveu Jean Daskalidès.

Élie, véritable inventeur compulsif, vient de créer de nouvelles douilles que Basile s’empresse de tester. Jean, en vacances studieuses chez son oncle, reçoit l’instruction de réaliser des boules de crème à l’aide du nouvel instrument. Envahi par l’inspiration, Basile se saisit d’une boule ordinairement destinée à garnir les gâteaux et l’enduit du glaçage destiné aux choux et aux éclairs. Jean poursuit le travail, dispose les boules en une pyramide et l’apporte fièrement au magasin pour dégustation. C’est un succès fulgurant et les clients congratulent Basile pour cette succulente trouvaille. Jean empile aussitôt deux autres pyramides et ni une, ni deux, s’installe sur le trottoir avec l’une d’elle et la réjouissante promesse de remporter la moitié du produit de la vente. Pour son bonheur, la pyramide est écoulée en moins d’un quart d’heure et c’est Einstein, curieux gastronome, qui s’empare des quatre dernières pièces. Cependant, un dernier détail contrarie Basile. Le nom de « Ballekes » que Jean a donné spontanément à ces friandises ne lui plaît guère. Comment appeler le nouveau produit ? Soudain lui vient une idée. La caissière, sa « dame de cœur », s’appelle Manon Verstraeten. Ce sera donc des « manons »…

Après une excellente saison sur la côte, Basile décide de poursuivre la production de ses manons dans le fameux salon Fritz-Daskalidès de Gand. À partir de l’hiver suivant, il en assure le débit à la fois dans le magasin, dans un kiosque à l’enseigne Fritz situé en face de la bourse de Bruxelles, ainsi que dans le pavillon Fritz de l’exposition universelle de Bruxelles de 1935. Le succès est au rendez-vous. Dès sa création, le manon devient un classique de la chocolaterie belge…

Dans les années 1970, le délice chocolaté se répand à travers le monde grâce au travail de la famille Daskalidès, de la confiserie Leonidas et de l’ensemble de la profession des chocolatiers belges. Les manons se dégustent désormais de New York à Tokyo…

… aux manonettes

Nous sommes en 2021. Dimitri Daskalidès, représentant de la huitième génération de pâtissiers et de chocolatiers de la famille, veut rendre hommage à ses illustres prédécesseurs, à Jean, ainsi qu’à ses sœurs Jeanine et Georgette Daskalidès. Après dix années de recherches avec la complicité de maîtres chocolatiers, il crée les manonettes, dignes successeurs des manons. Ces somptueuses bouchées se composent d’une coquille de chocolat remplie de limailles [?] lisses et crémeuses posées sur un lit de chocolat mêlé de noisettes croustillantes. Nul doute qu’elles feront bientôt les délices des amoureux des produits belges, comme les manons le font depuis 1933…